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Remise des prix au participants du projet Poé-cité

Le 21 mars à 17h00 a eu lieu à l’Université la cérémonie finale du projet Poé-cité. Après la conférence « Cette magie appelée poésie » par Federica Locatelli, un jury a remis les prix aux jeunes participants; les vidéos-lectures gagnantes ont également été projetées.

L’initiative « Poé-cité » a impliqué des élèves des lycées valdôtains et de l’Université, qui ont été les voix et les protagonistes d’une poésie vécue, ressentie et dite à travers les rues de la ville d’Aoste. Les étudiants ont choisi un poème, l’ont lu devant un lieu chargé de sens pour eux ou en lien avec les mots  des grands poètes français, puis ont laissé une copie écrite pour ceux et celles qui, après eux ou grâce à eux, souhaiteraient à leur tour plonger dans ces vers. Ramenant les textes choisis à leur quotidien, les jeunes participants ont pu y découvrir le lien toujours existant entre la poésie et la vie et en ont fait le véhicule de leurs émotions les plus profondes et parfois inexprimées, de leurs souvenirs secrets ou encore partagés et les ont offerts aux curieux qui ont su profiter de l’occasion et les écouter.

Ont participé au projet : Anastasia Bogdanova, Veronica Lauri, Fabiola Crociano, Gaia Leone, Eleonora Scapillato, Marian Sallam, Martina Colombano, Aurora De Santi, Federica Rizzo, Irene Fornelli, Ida Stellin, Herman Testolin, Arianna Trionte, Matilde Natrella, Alessandro Damiano Poli, Edoardo Falchi, Gaia Barbera, Chiara Tomaselli, Noemi Rita Busca, Margherita Bresciani, Gian Piero Givigliano, Martina Antonia Condurro, Amira Rmili, Fidalma Intini.

Les prix ont été remis par Federica Locatelli (responsable scientifique du projet Poé-cité, Université de la Vallée d’Aoste), Christine Valeton e Paola De Bernochi (Alliance française de Aoste) et Lucia Hugonin (Région Autonome de la Vallée d’Aoste). La cérémonie a vu aussi la participation de Manuela Ceretta (Université de la Vallée d’Aoste), Jean-Pierre Guichardaz (Région Autonome de la Vallée d’Aoste), Teresa Grange (Chaire Senghor de francophonie, Université de la Vallée d’Aoste) et Lucia Ravagli Ceroni (Université de la Vallée d’Aoste).

Le troisième prix a été attribué à égalité pour trois lectures : la première, la lecture de « Les Espaces du sommeil » de Robert Desnos, présentée par Fidalma Intini au Forum romain, agrémentée d’un fond musical et d’une interprétation théâtrale, qui a su rendre présent l’univers onirique, mystérieux et captivant, peuplé de présences réconfortantes et d’ombres inquiétantes. La seconde, la lecture du célèbre poème de Paul Verlaine « Il pleure dans mon cœur » par Alessandro Damiano Poli, qui a été capable de restituer la musicalité intrinsèque des vers poétiques, accompagné du murmure de l’eau du Buthier s’écoulant en arrière-plan. Enfin, la troisième, « La Goutte de pluie » de Jules Supervielle, par Eleonora Scapillato, qui a su capturer la délicatesse d’une minuscule goutte de pluie tombant dans la mer, en suggérant l’extraordinaire que la poésie peut révéler dans l’ordinaire, devant un lieu emblématique de la ville d’Aoste, où l’eau s’écoule silencieusement, contrastant avec le bruit animé de la place Chanoux.

Le deuxième prix est lui-aussi attribué à égalité, témoignant ainsi de l’appréciation de la part du jury et de la difficulté que les membres ont rencontrée dans leur évaluation, à la lecture du poème « Le Cancre » de Jacques Prévert, présentée par Gaia Barbera, devant une photographie originale, reproduite sur le mur d’une école primaire. Outre le choix du lieu, la délicate irrévérence avec laquelle l’étudiante a su restituer les mots du grand poète a été hautement appréciée. La seconde lecture récompensée est celle de « Dit de la force de l’amour » de Paul Éluard, interprétée par Chiara Tomaselli, dans le cadre enchanteur du Cimetière de Sant’Orso, ouvert pour l’occasion : sur la pointe des pieds et avec la sensibilité requise par une thématique aussi forte et profonde que celle de la perte de l’être aimé, l’étudiante a su saisir le sens des mots, à la fois intimes et collectifs.

Le prix « Original – cité », dédié à celles/ceux qui ont su mettre en valeur un lieu de la ville grâce aux vers poétiques, est attribué à Arianna Trionte et Herman Testolin pour la lecture du poème en prose « De l’eau » de Francis Ponge : le grand tilleul de Sant’Orso, élément végétal séculaire situé dans un lieu urbain et portant les marques de son histoire tumultueuse, a en effet bien représenté un élément de résilience, un emblème de la lutte entre l’attachement à la terre et l’élan vers le ciel, c’est-à-dire les messages infusés par Ponge dans sa composition.

Le prix « Poésie – hardie », dédié à celles/ceux qui ont osé avec les vers poétiques, est décerné à la lecture de « Ô mes lettres d’amour » de Victor Hugo, par Martina Condurro, qui, devant l’église de Santo Stefano, et en harmonie avec le chant des merles, présents par un heureux hasard, a insufflé à ces vers classiques la fraîcheur et la spontanéité de ses 18 ans. Condurro n’était pas présente à la remise du prix, c’est donc Madame Binel qui a reçu le prix en son nom à sa place.

Le prix « Cœur dans sa main » est attribué à celle/celui qui a su restituer la douceur et l’intimité du vers poétique, mais aussi la profondeur de l’expérience vécue, à savoir Federica Rizzo avec la lecture du sonnet « À une passante » de Charles Baudelaire : résonnant à un carrefour urbain, représentant la « rue assourdissante » de la ville parisienne, la composition a été restituée avec l’émotion délicate, la souffrance et la stupeur requises.

Il va sans dire qu’au premier rang, il a également eu un ex aequo : le premier prix a été attribué à Ida Stellin pour la lecture du poème “Les mains d’Elsa” de Louis Aragon, dans le cadre fascinant d’un ancien lavoir, exécutée avec une grande conscience et, en même temps, une douceur et une émotion extrêmes. La première place a été attribuée également à la lecture de “Outils posés sur une table” de Jean Tardieu par Margherita Bresciani, qui, en toile de fond du Conservatoire de la Vallée d’Aoste et des magnifiques montagnes entourant la ville, a su saisir l’humilité avec laquelle le grand poète a voulu raconter son métier d’artisan, restituant ainsi tout le poids et la richesse communicative des mots.

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